09.07.2008
La question des sectes
Voici un peu plus d'un an, j'introduisais ce blog avec la phrase suivante: « Aujourd'hui, des femmes et des hommes insatisfaits dans un monde déstabilisé recherchent des réponses que ni la science, ni la technique n'ont pu apporter, pas plus que les vieilles religions sclérosées. Ainsi, certains sont attirés par de nouvelles spiritualités, communément appelées « sectes » car celles-ci offrent de nouvelles visions du monde et pourraient renfermer des réponses et donner un but dans la vie qui transcende le matériel.»
« Sectes »: en réalité, cette expression, dont il n’existe aucune définition technique – juridique ou sociologique –, n’est que le reflet d’une inquiétude collective face à un phénomène qui transcende les structures cloisonnées de la société.
La Belgique est un Etat qui se veut neutre. Elle est l'héritière d'une tradition chrétienne qui se trouve de plus en plus absorbée dans un mélange multiculturel à fort courant laîc. Elle a perdu le contrôle de sa propre évolution, et dans une sorte de compromis, veut « imposer » sa conception libérale de l’homme.
Les « sectes », dans un tel environement, sont de nouvelles variables qui viennent modifier l'équation déjà complexe de la société. It est fort possible que ce soit là le mécanisme sous-jacent à la création du « Centre d’information et d’avis sur les organisations sectaires nuisibles » (CIAOSN) – nom malheureux puisqu'il sous-entend a priori la notion de « nuisible » – mais dont le rôle d'observation, de collection et de dissemination de information sur les « sectes » est indispensable si l'on veut comprendre ces variables et résoudre l'équation.
Le CIAOSN remplit-il correctement la mission qui lui est assignée?
Les avis diffèrent. Selon certains posts sur ce blog et ailleurs, ce n'est pas le cas. Pourtant il est dit dans le rapport 2007 du SPF justice que le CIAOSN était devenu, grâce à sa bibliothèque et à sa documentation « la référence par excellence en matière sectaire vis-à-vis du grand public».
Comme toujours, il est très difficile de satisfaire tout le monde. Pourtant, il serait peut-être possible de d'améliorer cela si le CIAOSN corrigeait certaines de ses approches et jugements que d'aucuns ont trouvé par trop superficiels ou teintés d'a priori.
15:47 Publié dans Sectes | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : sectes, ciaosn, spiritualité, phénomène, mission, observatoire, belgique
15.02.2008
"Une politique libérale mais ferme face aux sectes"
Le quotidien français Le Monde publiait récemment un article intitulé "Une politique libérale mais ferme face aux sectes"
Face aux sectes, Michèle Alliot-Marie, ministère de l'intérieur, adopte une politique "libérale mais ferme"
" Le gouvernement souhaite donner une inflexion nouvelle à la lutte contre les dérives sectaires. Rompant avec la démarche symbolisée par les travaux des commissions parlementaires sur les sectes de 1995, 1999 et 2006 ou les rapports annuels de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) qui ont dressé des listes de mouvements et ont dénoncé des comportements potentiellement dangereux, le ministère de l'intérieur souhaite mettre l'accent sur la répression".
Cette approche a été explicitée par la ministre, Michèle Alliot-Marie, lundi 4 février, aux responsables de la police, de la gendarmerie et de la Préfecture de police.
A première vue, la feuille de route livrée par la ministre relance la mobilisation contre les dérives sectaires. Elle prône aussi une meilleure coopération avec les services sociaux, éducatifs, fiscaux ou judiciaires. Mme Alliot-Marie a souligné "l'importance des risques, et les nouvelles formes d'action aujourd'hui plus diffuses, dans des domaines tels que la formation, l'accompagnement personnel, les activités paramédicales". La ministre a insisté pour que ces sujets fassent l'objet "d'une attention particulière des services de police judiciaire, sous le contrôle du juge pénal".
Il s'agit de "poursuivre et de réprimer des comportements caractérisés de troubles à l'ordre public ou des infractions pénales avérées" plutôt que de s'en tenir à "une vision arbitraire, stigmatisant a priori" des mouvements sur la base de critères "peu rigoureux", indique-t-on au ministère. Une critique à peine voilée des travaux de la Miviludes, dont les orientations pourraient être redéfinies, même si sa dissolution est démentie par les services du premier ministre, dont elle dépend. Cette approche "libérale mais ferme" s'accompagne d'un discours ministériel fondé sur "la liberté de croyances et de conviction de tous", qui illustre le concept de "laïcité positive" défendue par Nicolas Sarkozy.
Cet aspect inquiète le milieu anti-sectes.
La Belgique reste un des rares pays en Europe où la question est traitée de façon systématique par un organe officiel: le CIAOSN (Centre d'information et d'avis sur les organisations sectaires nuisibles)
Que nous réserve le futur?
16:16 Publié dans Sectes aujourd'hui | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : anti-sectes, libérale, ferme, CIAOSN, laïcité, positive", MIVILUDES
29.08.2007
Familles, devez-vous craindre les sectes ?
(Ce texte est un extrait d'un article de M. P. Allard qui de mon point de vue est toujours au goût du jour).
On se souvient des travaux de la commission d’enquête parlementaire sur les sectes, du drame de l’Ordre du Temple Solaire et d’autres dossiers judiciaires. Mais faut-il réellement craindre l’influence des sectes ? Peuvent-elles réellement perturber un individu, briser un couple, une famille ?
Le respect des croyants
Il faut bien reconnaître que cette matière n’est pas facile à traiter. Il ne serait que trop facile de se moquer d’une croyance en la passant sous le crible de la raison. Les religions "instituées" résistent-elles à cet examen ? La foi ne se jauge pas scientifiquement. Par ailleurs, il est trop simple de se gausser des rituels.
Et la mise en cause de "sectes" pour cause d’agissements douteux de l’un ou l’autre des "pasteurs" n’est pas sérieuse. On ne peut, en soi, condamner l’église catholique pour le comportement pédophile de certains de ses prêtres. Par contre, on peut condamner toute église ou secte qui couvrirait des agissements délictueux ou criminels ou en ferait son enseignement.
Groupes sectaires nuisibles
Rappelons qu’en Belgique, il n’existe pas de "délit de secte". Comme le rappelle le Centre d’information et d’avis sur les organisations sectaires nuisibles, par organisation sectaire nuisible, la loi entend "tout groupement à vocation philosophie ou religieuse, ou se prétendant tel, qui,dans son organisation ou sa pratique, se livre à des activités illégales dommageables, nuit aux individus ou à la société ou porte atteinte à la dignité humaine".
Le caractère nuisible d’un groupement sectaire ne peut donc être examiné que sur la base des principes contenus dans la constitution, les lois, décrets et ordonnances et les conventions internationales de sauvegarde des droits de l’homme ratifiées par la Belgique.
Des victimes
Ces groupes s’adressent généralement à des personnes qui présentent une "faille". Celle-ci peut apparaître à tout moment : un deuil, une maladie, une dépression, un divorce, la perte d’un emploi… Autrement dit, elles abusent de la position de faiblesse d’une personne pour lui apporter des "réponses". Le nouvel arrivant dans le groupe se voit "bombardé d’amour" (en anglais, on parle de "love bombing")… avant que le groupe ou son responsable ne se mettre à avoir des exigences. Notamment en obligeant l'adepte à s'investir et à faire preuve de prosélytisme.
L’info sur les groupes sectaires
L’information sur les groupes sectaires provient de diverses sources. Des sectes elles-mêmes très présentes sur le web, y compris à travers des associations satellites. Leur spécialité : créer des associations actives dans des domaines comme la liberté de croyance, d’expression et la défense des droits de l'homme. Les sectes peuvent ainsi pénétrer des réunions internationales. Voire bénéficier de moyens, notamment européens.
Certains sites sont orientés "nouvelles religions" et sont parfois taxés de complaisants vis-à-vis des groupes sectaires. Comme tout et son contraire sont présents sur le web, on trouve aussi des sites anti-sectaires. Il s’agit de sites personnels ou de sites d’associations.
Ces associations peuvent avoir un caractère officiel ou être issues de l’initiative de personnes comme, par exemple, des anciennes victimes de sectes et/ou leurs proches. Elles peuvent comprendre ou non des professionnels de l’aide (psychologue, assistant social).
Attention cependant : la lutte contre les groupes sectaires est parfois gênée par des personnes qui utilisent l’appartenance à une secte comme argument dans des affaires de divorce, de garde d’enfant. Elles en arrivent parfois à créer leur propre association de lutte. Or l’appartenance à un groupe qualifié de sectaire ne signifie pas en soi des problèmes dans l’éducation d’un enfant.
15:31 Publié dans Faut-il craindre les sectes? | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : sectes, craindre, lois, religion, groupe, croyance, liberté


