22.03.2009

« Sectes » ou « Nouveaux Mouvements Religieux »?

Le but de ce blog n'est pas de jeter l'opprobre sur des groupes minoritaires mais d'essayer de jeter une base d'appréciation de faits dans le respect de tous.

L'utilisation du substantif « sectes » en référence à des groupes spécifiques est par conséquent illégitime puisque source de discrimination. De plus, beaucoup de ces groupes qualifiés de sectes peuvent être considérés comme des formes à part entière du religieux dès lors qu'ils ont un caractère idéologique holistique et font référence à une transcendance.

Le fait de croire en Dieu ou quel que soit le nom donné cette entité suprême, est une caractéristique des religions d'origine abrahamique telles que le christianisme, le judaïsme, l'islam. Le bouddhisme par exemple n'a pas ce concept de divinité suprême mais n'en est pas moins une religion très spirituelle.

Les religions aujourd'hui établies ont été considérées comme des sectes à leur origine. La secte juive qui est devenue la religion chrétienne en est l'exemple le plus cité. Une nouvelle religion n'en est pas moins une religion.

 Certains individus et groupes perçoivent la monté du phénomène des nouveaux mouvements religieux comme une menace et se sentent obligés de les combattre en utilisant des dispositifs d'information existants ou en en créant de nouveaux. Malgré cela, on constate que des conversions en faveur de certains nouveaux mouvement religieux se poursuivent à la hausse.

Comment expliquer ce phénomène? Une hypothèse est que certaines personnes sont précisément attirées par ce que la société aura déconseillé. Le danger exerce une attraction proportionnelle à la publicité qui est faite du péril.

Une autre hypothèse est que les progrès de la science et de la technique des cent dernières années ont amené l'homme à bien mieux connaitre l'univers matériel qu'il ne se connait lui-même. Cela a créé un déséquilibre qui se traduit en un mal être, une insatisfaction et une forme d'anxiété.

C'est cette deuxième hypothèse qui me semble la plus proche de la réalité, du moins pour la majorité des gens. Il est un fait indéniable que nous vivons dans un monde instable ou la seule chose en hausse est l'instabilité: instabilité économique, politique, pollution, chômage, violence, etc. Et insécurité devant l'inconnu que nous réserve le futur...

Dans cet univers, l'Homme recherche des structures dans lesquelles il pourra combler son manque. Il existe une multitude de « Nouveaux Mouvements Religieux », certains ne sont autres que du charlatanisme et abusent de la crédulité, et parfois du désespoir, des gens et sont la cause principale d'une image négative qui a été faite des « sectes ».

D'autres, par contre, apportent des réponses et des solutions à la vie et sont synonymes d'espoir.

Comment différencier les uns des autres?

18.02.2009

« Sectes » et liberté d'appartenance


A voir les réactions postées sur ce blog, il est clair que le sujet des sectes n'a pas fini de faire couler de l'encre. Je n'en suis personnellement pas surpris car l'appartenance ou non appartenance à de tels groupes entre complètement dans le domaine de la sphère privée et, il est vrai, nous pouvons être très susceptibles lorsque quelqu'un essaie d'y empiéter. Quiconque se sent un peu concerné, peut éprouver du ressentiment sur l'existence même d"un « observatoire » sur les sectes. L'usage - abusif pourrait-on dire - du mot « secte » peut aggraver ce ressentiment.

Il est vrai que le mot « secte » n’est pas neutre. Professeur Adelbert Denaux, l'ancien président de l'observatoire belge des sectes, a reconnu ce phénomène dans un interview donné en 2001 lors d'une conférence sur les spiritualités: « Le mot « secte » est lourd d’un préjugé négatif, qui fait apparaître d’avance comme suspect tout groupe religieux nouveau ou minoritaire. Cet a priori est inacceptable car il ouvre la porte à l’intolérance et donc à la violence qu’on prétend combattre. »

Le problème de l'apparition de nouveaux mouvements religieux (terme beaucoup plus « léger » que celui de « secte ») tient souvent au manque de communication directe: on parle de l’autre ou sur son dos, au lieu de le rencontrer… Dans ce contexte, il existe « une série d’acteurs qui peuvent jouer d’importants rôles de médiations. C’est le cas de divers experts ainsi que de responsables religieux, pourvu qu’ils soient ouverts au dialogue.

Le rôle des médias n’est pas neutre non plus: il peut favoriser des rapprochements ou, au contraire, durcir des oppositions. »

En résumé, tous les outils existent pour résoudre « le problème des sectes », le principale étant le dialogue. Encore faut-il que les parties concernées soient ouvertes, sincères et acceptent ce dialogue.

Je ne pense pas que ce soit plus difficile que cela.

26.11.2008

Nouveaux Mouvements Religieux



Je crois qu'il est temps de recentrer le débat sur le problème épineux de ce qu'on appelle communément les "sectes". Il est vrai que c'est sujet à caution dû au fait que cela touche à la spiritualité. Malgré la montée du matérialisme, il y a toujours une grande attention sur le respect des droits de l'homme dans le domaine du choix d'appartenance à un groupe à caractère spirituel ou philosophique. Cette liberté a été bafouée depuis trop longtemps. C'est pourquoi il faut arrêter le jeu mesquin de montrer du doigt n'importe quel groupe qui aurait certaines des caractéristiques énnoncées il y a dix ans par la commission d'enquête parlementaire sur les sectes. Des professeurs d'universités, des experts en religions, des sociologues avaient bien vu le danger de la connotation du mot "secte" qui, je le rappelle, au cours du temps, est devenu péjoratif et discriminatoire. Ils ont donc utilisé l'expression "Nouveaux Mouvements Religieux" pour désigner les nouveaux groupes religieux contemporains qui se caractérisent par un large pluralisme des pratiques et des croyances et qui sont en rupture avec les formes traditionnelles de religiosité. Le foisonnement de ces nouveaux groupes est favorisé par le développement des libertés de pensée et de culte. Ils apparaissent davantage comme une réaction aux bouleversements sociaux et culturels de notre époque que comme une opposition aux grandes églises chrétiennes.

Le contrôle de ces nouveaux mouvements religieux par les pouvoirs publics est difficile à réaliser, puisqu'il n'existe pas d'accords sur leur définition. En conséquence, les pouvoirs publics se focalisent sur l'éventuelle dangerosité de ces groupements pour l'individu et la société.

Ce concept de dangerosité est très subjectif, il n'est donc pas surprenant de voir apparaître des erreurs dans les déclarations de ceux à qui le gouvernement a délégué le pouvoir d'informer le public et les autorités sur la dangerosité de ces nouveaux groupements.